Ouvrir un disque dur : uniquement en salle blanche

Qu'est-ce qu'une salle blanche ?

Une salle propre ou salle blanche est un espace clos dans lequel on contrôle et maîtrise la concentration des particules en suspension dans l’air via un flux laminaire de façon à minimiser la production et la rétention des particules à l’intérieur de la pièce.

L’avancée technologique a obligé les acteurs de la micro-électronique à travailler en salle propre, du fait d’une finesse de gravure de plus en plus réduite.

Une salle propre est un avantage significatif car elle permet de maximiser les chances de réussite d’une intervention sur un disque dur. Cependant elle présente aussi un coût financier (matériel spécifique, entretien…) et en terme de temps de travail (une intervention en salle blanche est en moyenne 6 fois plus longue que si l’opération était effectuée hors salle blanche).

Classification et apports d'une salle blanche

Nous sommes équipés d’une salle propre ISO 5 classe 100 qui permet d’avoir une concentration maximale de moins de 100 particules de 0,3µm par pied³ (environ 28 litres). 
A titre de comparaison, les particules inférieures à 50 µm sont invisibles à l’oeil nu et une personne immobile et sans tenue adaptée émet 100 000 particules. Ainsi, vos disques sont réparés dans les meilleures conditions et la récupération de données est optimale. 

La figure ci-dessous démontre l’importance de l’utilisation d’une salle blanche pour la réparation des disques durs : la moindre particule sur le plateau peut entraîner un « Head-Crash » (les têtes entrent en contact avec le plateau et l’endommagent)








Notre salle blanche est auditée par un organisme indépendant.

Le certificat remis nous permet de valider notre outil de travail.

Comment réparer un disque dur ?

Issu d’une technologie complexe, le disque dur est un support fragile qui ne montre aucune tolérance face aux mauvais gestes techniques. Lors d’une panne, de nombreux clients sont tentés de démonter le disque dur pour constater les dégâts ou remplacer eux-mêmes des pièces (en échangeant par exemple les plateaux).  Or, c’est une très mauvaise idée qui risque de compromettre gravement les chances de récupération. L’ouverture d’un disque dur à l’air ambiant entraine des traces de doigts (contamination visible) et le dépôt systématique de particules de poussières (contamination invisible) sur les plateaux du disque.  Il faut aussi se poser la question de l’utilité de la manœuvre : pourquoi ouvrir un disque lorsqu’on ne dispose pas du matériel nécessaire pour réaliser des réparations électroniques aussi minutieuses ?

La contamination par la poussière est susceptible d’engendrer un head crash, c’est-à-dire une chute des têtes de lecture sur les plateaux et/ou un phénomène de disque rayé. De nombreuses zones du disque deviennent donc illisibles avec une corruption de fichiers qui rend la récupération de données très médiocre ou même impossible. Cette intervention nécessite donc d’être effectuée dans un environnement stérile,  de porter un équipement (lunettes, charlotte, gants…) mais également de disposer de process techniques et de matériel bien spécifique.

Bien qu’on confonde souvent les deux, la réparation et la récupération sur disque dur sont deux notions bien distinctes : la réparation consiste en une intervention physique «mécanique» sur le disque tandis que la récupération est une opération d’extraction des données qui y sont stockées.

S’ils font face à une panne mécanique, les laboratoires de récupération de données comme Recoveo passent par une phase de réparation (changement de têtes de lecture, par exemple) avant de pouvoir accéder aux données. Dans tous les cas, il faut savoir que les disques durs ne sont plus utilisables par la suite et que les données doivent être copiées sur un nouveau support. 

Parce qu’elle est complexe et qu’elle entraine le plus souvent une aggravation de la panne, nous déconseillons de réaliser une réparation de disque dur par soi-même. Toutefois, vous êtes bricoleur; vos données ne sont pas importantes et vous êtes prêt à les perdre définitivement, vous pouvez éventuellement essayer d’intervenir par vous-même.

Le processus

  • Un client dont le disque dur claque achète un disque de même marque chez son revendeur informatique et échange les 3 plateaux du disque dans le nouveau. 
    Résultat —) plateaux endommagés, données irrécupérables, 2 disques durs HS et plus de garantie.
  •  A l’ouverture en salle blanche, nous constatons que le client a voulu faire tourner les plateaux avec ses doigts : multiples traces de doigts et poussières visibles à l’oeil nu. 
    Résultat —) plateaux souillés, données irrécupérables.
  •  Le client met son disque dur au congélateur pendant une semaine après avoir lu sur Internet que cette opération ressuscitait les disques durs. 
    Résultat —) carte contrôleur endommagée par la condensation.
  •  Un client ouvre son disque dur et imbibe le moteur d’huile lubrifiante ! 
    Résultat —) plateaux souillés, données irrécupérables.
  •  Un client ouvre son disque dur et le laisse 15 minutes en fonctionnement à l’air libre. Il repose le capot sans le visser et laisse le disque dans son garage pendant plus d’un mois (voyage à l’étranger).
    Résultat —) plateaux contaminés par la poussière, données irrécupérables.

Conscients du risque d’une ouverture hors salle blanche, certains clients prennent de multiples précautions, souvent inutiles. Ex : un client pense que les têtes de lectures du disque sont endommagées. Il ouvre donc son disque dur sous un cubiténaire, opération inutile car le principe d’une salle blanche est le flux laminaire, c’est-à-dire un flux d’air filtré et dirigé pour éviter la rétention des particules dans l’air, ce qui n’est pas le cas d’un cubiténaire. Finalement, il se rend vite compte de l’inutilité de l’opération (ouvrir pour voir ??) et de la fragilité du mécanisme. Il referme alors le disque dur.

La récupération de données est de qualité très médiocre (partialité et fichiers corrompus) car les plateaux ont été contaminés par des particules de poussière qui rendent certaines zones illisibles. Attention à la contamination visible des plateaux (petites particules, traces de doigts) et à la contamination invisible.

Nous comprenons votre curiosité. C’est pourquoi nous vous conseillons d’ouvrir un vieux disque avant d’ouvrir le disque dur contenant des données importantes.

Vous comprendrez vite qu’il est inutile de prendre des risques pour vos précieuses données.

 

Les plateaux d'un disque dur

Les têtes d'un disque dur